Photo d’un village du Cantal à potentiel radon significatif.
© John Elk III

Gaz radioactif naturel, le radon est considéré en France comme la seconde cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac. Sa concentration dans certains bâtiments représente un risque pour la santé, qu’il est possible de réduire par une bonne aération et ventilation.

Qu'est-ce que le radon ?

Gaz radioactif incolore et inodore, le radon provient de la chaîne de désintégration de l'uranium d’une part, et de celle du thorium d’autre part, deux éléments naturellement présents dans les roches du sol. Son activité ionisante se mesure en becquerels (Bq) et sa concentration en Bq/m3.

Le radon est présent le plus souvent à faibles taux. Mais sa concentration est plus élevée dans les régions aux sous-sols granitiques ou volcaniques (Massif central, Vosges, Bretagne, Guyane, Nouvelle Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon…). En extérieur, ce gaz se dilue rapidement. En revanche, les personnes qui résident dans ces régions doivent être vigilantes : le radon représente un risque dans les espaces clos mal ventilés. Il peut s’infiltrer dans les maisons (via des fissures, des passages de canalisations…) et s’y accumuler. Le code de la santé publique fixe le niveau de référence en radon à 300 Bq/m3 en moyenne annuelle dans les immeubles bâtis.

Quel est le danger ?

Depuis 1987, le radon est classé comme cancérigène certain par l’OMS. En effet, en se désintégrant naturellement, il produit des particules radioactives dans l’air qui, une fois inhalées, se fixent sur les voies respiratoires et en irradient les cellules. À long terme, l’inhalation de radon peut conduire à augmenter le risque de développer un cancer du poumon.

3 000 décès par an

Le nombre annuel de décès par cancer du poumon lié à l’exposition domestique au radon est estimé à environ 3 000 en France par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Suis-je exposé au risque radon ?

L’IRSN a cartographié le risque radon sur tout le territoire.

Sur cette carte, les communes sont classées en trois zones :

  • zone 1 : zones à potentiel radon faible.
  • zone 2 :  zones à potentiel radon faible mais dans lesquelles des facteurs géologiques particuliers peuvent faciliter le transfert du radon vers les bâtiments.
  • zone 3 : zones à potentiel radon significatif. Dans les 7 000 communes concernées, qui couvrent 12,2 millions d’habitants, plus de 40 % des bâtiments dépassent 100 Bq/m3, et plus de 10 % dépassent 300 Bq/m3.

L’arrêté du 27 juin 2018 porte délimitation des zones à potentiel radon du territoire français.

Pour connaitre le niveau de radon chez soi quand on habite une commune à risque, un seul moyen : installer des dosimètres, appareils de mesure des taux de radioactivité, pendant deux mois en période de chauffe (entre mi-septembre et fin avril), de préférence dans les pièces de vie (séjour, chambres) les plus basses de la maison.

  • Pour en savoir plus, renseignez-vous auprès de votre commune, de l’Agence régionale de santé (ARS) ou de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).

Bon à savoir

Les vendeurs et bailleurs de biens immobiliers situés dans des communes de catégorie 3 ont l’obligation de fournir une information à leurs acquéreurs ou locataires (IAL) sur l’existence de ce risque et les moyens de s’en protéger.

Comment réduire la concentration en radon dans son logement ? 

De façon générale, il est recommandé d’aérer quotidiennement son domicile, au moins 10 minutes par jour, et de bien entretenir son système de ventilation. Si du radon est détecté dans des concentrations importantes, il peut être nécessaire de réaliser quelques aménagements.

Photo d’un détecteur posé sur un mur et destiné à la mesure de l’activité volumique en radon.
Copyright © Arnaud Bouissou / Terra